Quiss, un triste anniversaire

Publié le par Emilie Layo

Première rencontre
Première rencontre

1) Présentation : comment s’appelle votre cheval ou le cheval que vous avez en demi-pension ? Comment l’avez-vous rencontré ? Pourquoi lui ?

Comme beaucoup d’entre vous, je montais à cheval depuis l’enfance et bien sûre, je rêvais d’avoir un cheval à moi. L’équitation, les petits boulots de palefrenier amateur, les services contre demi-pension, n’étaient qu’une excuse pour passer du temps auprès des chevaux, les bichonner, les regarder, les écouter. Alors quand j’ai eu mon premier boulot sérieux, je me suis lancée à la recherche d’un poulain. Je souhaitais un poulain tout jeune pour construire une relation de confiance et tout lui apprendre. J’ai écumé les petites annonces, traîné mon frère et mes parents de pré en pré avant de le rencontrer lui. Un petit poulain noir comme l’ébène de 9 mois qui osait à peine sortir le bout de son nez du camion. Il a planté ses grands yeux dans les miens et c’est à cet instant, sur une foire en Ardèche que j’ai su qu’il serait mon cheval. Plus rien d’autre ne comptait. Ni le fait qu’il n’avait jamais été manipulé, ni celui qu’il avait dû être attrapé au laçot dans son pré, ni encore qu’il ne marchait pas en longe, qu’il ne se laissait toucher que sur le bout de son nez et nul part ailleurs, encore moins que son éleveur ressemblait plus à un maquignon et que nous nous trouvions sur le dernier endroit où il était sérieux d’acheter son premier cheval… rien ne m’effrayait.

Les débuts
Les débuts

2) Quels ont été vos débuts ensemble ?

Nos débuts ont été chaotiques. Nous n’avions pas de pré pendant les trois premiers jours, il ne se laissait pas attraper, il a failli blesser le vétérinaire pour sa première visite, il ne savait rien faire, sautait au moindre bruit ou mouvement et ne se laissait pas toucher mais il avait une tendresse dans le regard qui me faisait y croire. Alors, j’ai appris à être à son rythme, à anticiper ses réactions et nous avons réussi ensemble à force de temps et de patience, à ce qu’il n’est plus peur en balade en main, à ce qu’il se laisse toucher de partout, à suivre en longe, à donner les pieds, à faire quelques tours en main, à accepter la selle, le filet, la sangle… tout ce qu’on croit naturel quand on a fréquente des chevaux adultes.

Le débourrage par Marc
Le débourrage par Marc

3) Comment, quand, pourquoi êtes-vous arrivé aux écuries du vallon ? Qu’est-ce qui vous a plu ?

Quand Quiss a eu l’âge d’être débourré, j’ai choisi Marc Hesse. Les écuries venaient juste d’ouvrir, c’était en juin 2008 mais Marc avait déjà fait sensation auprès d’une jeune fille et sa jument islandaise qui partageait le pré de Quiss et elle me l’a présenté. Marc m’a décrit sa méthode et j’ai tout de suite été en confiance, le reste s’est passé comme sur des roulettes. J’ai eu la chance d’être là à chaque séance, j’ai tout vu. Toujours en douceur, sans jamais s’énerver, Marc emmenait Quiss à accepter les nouveautés qu’il lui demandait tout en suivant son rythme. Très vite, il a fait de Quiss une monture sûre et mieux dans sa tête. Quand le débourrage a été fini, je n’ai plus voulu partir et j’ai mis Quiss en pension au pré aux écuries du Vallon. Depuis lors, je n’ai jamais rien eu à gérer dans la surveillance de Quiss et de son bien être. Je pouvais partir en vacances l’esprit tranquille, il n’a jamais manqué de rien et était surveillé au quotidien.

Les exercices à pieds
Les exercices à pieds

4) Quelle est la suite de votre histoire avec ce cheval ? Quelles sont les disciplines que vous pratiquez ensemble ? Quelle relation avez-vous ? Quels sont vos résultats ou progrès ? Avez-vous des nouveaux objectifs ensemble ?

Après le débourrage, je suis montée sur son dos, je suis partie en balade avec lui, j’ai aimé cette relation spéciale où on compte l’un sur l’autre d’une manière différente. J’ai pris des cours avec lui et je n’ai jamais monté un cheval qui ne veuille plus me faire plaisir. Mais je n’aimais pas vraiment monter sur son dos, j’aimais notre relation comme elle était, libre et côte à côte. Assez vite je ne l’ai plus monté. La plupart des personnes ont pensé que c’était dommage, que ce cheval ne servait à rien et je le pensais aussi parfois. Mais j’allais le voir au moins plusieurs fois par semaine, je le brossais, lui donnais des carottes, le grattouillais, lui aussi, lui faisais faire des tours. Il était bourru et bien dodu, un poil têtu mais gentil, proche, tendre, intelligent. Il devenait doux et calme quand mes enfants le brossaient. En fait, c’est tout ce qui ne se raconte pas qui était magique, le lien entre nous, ce plaisir de se retrouver, de passer du temps ensemble.

Dans son pré
Dans son pré

5) Avez-vous une expérience à partager dans les services proposés aux écuries: pension, cours d’équitation, débourrage, horse-ball ou encore travail de chevaux par notre équipe ?

Pour des raisons évidentes, le jour qui m'a le plus marqué aux écuries est celui de la mort de Quiss, le 25 novembre 2014. Il avait dix ans. Un jour, j’ai reçut le coup de téléphone que j’ai toujours redouté, celui de Marc qui me disait « Emilie, tu dois venir, Quiss est à terre et n’arrive plus à se relever ». L’équipe des écuries a tout géré : appelé le vétérinaire, encouragé Quiss à se lever, mettre en place des choses pour qu’il soit confortablement installé et allé le voir même dans la nuit. Quiss ne s’est jamais relevé mais j’ai eu la chance d’avoir des professionnels présents à mes côtés ce jour là. Sans eux, je ne sais pas comment j’aurais fait.

Son regard
Son regard

6) Quelque chose d’autres à ajouter ?

Mon petit cheval noir s’en est allé trop tôt mais un an après, j’ai pris conscience de tout ce qu’il m’a apporté. Quand je l’avais, je me plaignais des fois, les jours où il pleuvait ou pire, ceux où il neigeait, les périodes où mes enfants étaient petits et où c’était compliqué de s’occuper de tout le monde. Je sais aujourd’hui que j’avais besoin de lui, de sa force, du rêve qu’il représentait et du bonheur que j’éprouvais à ses côtés. Chaque être que nous aimons nous construit et Quiss continue à être un pilier pour moi. Notre relation, sa vie et sa mort, ont changé ma façon de voir l’animal et ainsi, il est dans chaque nouvelle histoire que je vis.

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Publié dans Histoire de chevaux