La difficile compréhension de l'animal par l'homme.

Publié le par Marc Hesse

La difficile compréhension de l'animal par l'homme.

Nous sommes, les humains, des êtres de pensée et de réflexion. Nous avons perdu au fil de notre évolution une grande partie des sens que possédaient nos ancêtres les premiers hominidés. Nous avons malheureusement acquis la certitude d'être à part, au point de ne plus se considérer comme des animaux. Nous pensons bien souvent savoir et comprendre!
Il nous est pourtant extrêmement difficile de percevoir le monde comme les animaux. Le cheval a, par exemple, une vue panoramique. Une ouïe d'une grande finesse. Et un odorat très efficace.
Notre façon de penser est par ailleurs celle d'un animal confiant, sur de lui, malgré sa petite taille, et très doué pour la communication verbale. Le cheval résonne en proie, la peur est son salut, le troupeau est son assurance vie, son mode de communication est bien plus gestuel que sonore.
Qu'est ce que l'équitation?

La définition réglementaire de l'action d'équitation débute dès lors que le cheval est licolé et tenu par un cavalier.
On peut considérer que l'équitation est l'établissement d'une relation entre un homme et un cheval, dans laquelle l'homme imagine des activités qu'il souhaite voir le cheval réaliser.
Pour que le cheval accepte cette relation, il faut gagner sa confiance, se faire comprendre de lui et obtenir son accord. On ne peut imaginer que le cheval préfère naturellement vivre avec un individu d'une autre espèce que la sienne et dans un environnement artificiel parfois fort éloigné de ses besoins physiologiques. Bien que très éloigné du type primitif le cheval de sport, malgré la sélection dont il est le fruit, garde en lui les codes, besoins et comportements naturels de ses ancêtres.

La difficile compréhension de l'animal par l'homme.

Chaque chose que l'on obtient de son cheval peut être due à un hasard, un malentendu heureux, ou à un travail, un effort de communication du cavalier compris par le cheval. C'est ainsi que l'on rencontre souvent des chevaux qui se laissent attacher, à condition qu'une ficelle a ballot, par sa fragilité, garantisse leur sécurité quand ils tirent au renard. D'autres qui embarquent dans les vans, si on est suffisamment nombreux, ou qu'on a un seau de grain. D'autre encore qui sortent facilement en extérieur, mais pas tout seul.
Le cheval est un animal social qui suit en permanence le meneur de son troupeau. La confiance qui lui est accordée est en permanence éprouvée par de perpétuels conflits hiérarchiques, leurs fins est de confirmer que celui qui prend la responsabilité de la survie du groupe est suffisamment sûr. Sa fiabilité est éprouvée en permanence, la force et la nature de ses réactions témoignent de sa crédibilité. Dès lors le troupeau peut suivre son meneur en plein désert pendant des kilomètres confiant qu'au bout du chemin se trouve la source qui l'abreuvera.
Le cavalier doit tenir compte de cette façon de réagir en permanence.

Le cavalier doit tenir compte de cette façon de réagir en permanence.
Il faut gagner la confiance du cheval et ne pas la trahir. C'est ce que l'on fait lorsque l'on démarre progressivement toutes nos disciplines et que l'on place le cheval en situation de réussite. Personne n'imagine apprendre à un cheval a sauter en l'envoyant se jeter sur un mur d'un mètre quatre vingt de haut.

La difficile compréhension de l'animal par l'homme.

Cependant il faut éprouver les limites de l'apprentissage de son cheval pour s'assurer qu'il collabore réellement et non qu'il supporte de mauvais gré de faibles contraintes. Par exemple lors d'un débourrage quand on estime que le cheval va accepter qu'on lui monte dessus, il faut être sur qu'il supportera le contact de la sangle, une traction sur la selle, une jambe sur la croupe. Tous ses événements qui risquent de se produire un jour nécessitent que le cheval y ait été préparé.
Enfin il faut être capable de lire les attitudes des chevaux. Ils mettent en permanence l'autorité en doute. Un cheval qui se gratte sur son cavalier n'est pas affectueux mais irrespectueux, il se sert de son cavalier comme d'un objet. En troupeau, on ne voit pas un cheval dominant servir de grattoir a un poulain. La réaction des dominants face aux manques de respect est immédiate, claire et sans concession. Il faut être un dominant pour son cheval. Cette partie de la relation avec son cheval est la plus contraignante car elle s'exprime en permanence et pendant des durée très longues. Il ne s'agit pas de se concentrer pendant une demi heure de cours. Il faut ancrer en soi l'attitude du meneur, être doux et pédagogue dans la durée, mais réactif, clair et ferme à chaque écart de conduite.
Lorsque l'on obtient la compréhension, l'accord et la confiance de son cheval, on peut alors apprécier la magie de la collaboration de l'Homme et de l'animal, héritage de nos ancêtres qu'à notre façon nous perpétuons chaque jour.

Publié dans Homme-Animal